l’antiamour

elle écrit de la poésie
il lui parle de lessive
de la poussière chez lui
elle rêve d’un bon mari
il lui propose d’être sa side-chick
et de venir la voir dans son lit
elle espère de la courtoisie
il lui envoie billes billevesées 
niaiseries sottises et utopies
elle préfère vivre en poésie
plutôt qu’en hypocrisie et tromperie
le monde va-t-il retrouver son âme sensible

– Emmanuelle de Dardel

les masques

ils portent tous un masque
des masques
pour cacher leur âme
qui leur fait peur
ils fuient leur ombre
on ne les reconnaît pas
ils ne se connaissent pas
eux-mêmes
l’apparence est trompeuse
l’argent n’est pas le moteur
se connaître demande temps
courage efforts et énergie
se connaître c’est vivre en solitude
embrasser ses imperfections
plonger dans ses peurs
et grandir dans l’incertitude

– Emmanuelle de Dardel

aux inconnus

une moisson 
le regain des apparences
quelques mots de ton cœur
des effluves de ta vie
une incertitude qui parcourt
l’échine
quand tu t’approches de l’essence
elle repasse et passe partout
surtout où il ne faut pas aller
il ne faut pas regarder
il ne faut pas dire
et si les amis n’entendent pas
tes espoirs
dis ton âme aux inconnus
ceux qui te parlent

– Emmanuelle de Dardel

poudre

à travers la pluie
l’orage
la nuit
l’oubli
le soleil s’immisce doucement
il poudre les feuilles
les murs
les peaux
les âmes
et rend le monde plus beau
il brasille à nouveau
son cœur bat au rythme de l’espoir

– Emmanuelle de Dardel

Réminiscences

Se laisser emporter par le bruit des vagues qui viennent se briser sur les rochers alignés au bord de la plage d’herbe. Dans un sourire la lune nous regarde et nous caresse l’âme, à travers un rayon de lumière. De ces rayons qui chantent dans la nuit tombante et qui laissent des réminiscences d’étoiles accrochées aux sommets des arbres, au bord des nuages et dans les cœurs sensibles.

– Emmanuelle de Dardel

aux âmes

je ne sais plus quoi écrire
prise au piège entre la colère
la tristesse et la rage

je ne sais plus quoi dire
à tous ceux qui ne veulent pas
entendre et encore moins écouter

je ne sais plus quoi penser
de ces chefs d’état milliardaires
qui abusent d’un peuple mourant 

je ne sais plus quoi faire
pour rêver encore un peu
pour cultiver l’espoir 

je ne sais plus quoi faire
dans ce monde de lâches et de
faux-semblants

alors je lis de la poésie toutes les poésies
les désespérantes les joyeuses
et les authentiques celles qui viennent
du cœur celles qui parlent aux âmes

– Emmanuelle de Dardel

égards

égards

toutes ces belles âmes
toutes ces belles dames
on les pense acquises et
disponibles à jamais
jusqu’au jour où on
comprend enfin
ce n’est pas de la disponibilité
c’est de la gentillesse
de la bienveillance
et cela peut s’arrêter
cela s’arrête s’il n’y a pas de
respect
la gentillesse est un art
et non un dû

– Emmanuelle de Dardel

Baume

Quand le réel s’entrechoque avec sincérité, dans les mots, dans les photos, c’est la vie qui jaillit sans freins, enfin. Faire semblant est si facile. Mener une autre vie est si tentant. Mais dire le réel est une gageure, un challenge sans fin, dans un monde dédié aux apparences, à la richesse et au pouvoir, dans une société qui oublie les âmes, la profondeur, les non-dits. Le réel est un baume de tendresse.

– Emmanuelle de Dardel

Pourquoi écrire ?

C’est en écrivant que je comprends mieux le monde. Je réfléchis à chaque mot et chaque conséquence. Les actions des autres et mes actions propres sont plus claires. Écrire aide à affiner ses pensées et ses actions, imbriquées les unes dans les autres. La forme importe peu tant que j’avance, que j’aime ce que je crée, que je produis du sens.

Et je m’appuie aussi bien sur les auteurs et autrices du passé que sur ceux et celles d’aujourd’hui. Ils et elles apportent des savoirs complémentaires. L’historique est aussi important que le présent et le futur. C’est en réfléchissant et en écrivant à la fois sur les écrits du passé, du présent, que je peux enrichir mon savoir, mes textes et mon âme. Écrire c’est comprendre et agir.

– Emmanuelle de Dardel