couleur de feu

dans tes cheveux
se cache une âme
couleur de feu
remplie de flammes

c’est sur ta tombe
dans l’inconscience
que la colombe
perd sa confiance

dansent les cœurs
ils se croient libres
ses arnaqueurs
en équilibre

pourtant le temps
est tout sauf dupe
quand il prétend
qu’il s’en occupe

– Emmanuelle de Dardel

rimes inverses

l’âme en bataille
l’amour en déroute
l’amie en jachère
la mer est si loin
l’amer est en rage
lame des tréfonds
l’amour se consomme
l’âme se consume
l’amère vengeance
l’amertume tue
lame imperceptible
la mer purifie
l’amour pur guérit
l’âme s’ennoblit

– Emmanuelle de Dardel

La vie

La vie est un éternel paradoxe. (Sur)vivre est une bataille de chaque instant. L’amitié peut mourir en un soupir imperceptible. L’amour apparaît quand on est aligné, quand le cœur, l’esprit et l’âme battent pour les mêmes causes ; quand on dit ce qu’on fait et qu’on fait ce qu’on dit. L’amour c’est aussi grandir ensemble dans le respect et les défis.

Il serait si facile de tout abandonner, pourtant on s’y refuse. Chaque matin on choisit de poursuivre la journée d’hier ou recommencer une nouvelle vie. Seuls les (cœurs d’) enfants voient la réalité sans attentes, car ils ne connaissent pas la valeur de l’argent. Les rêves sont les seules choses que l’on peut rendre tangibles.

On oublie souvent de s’aimer soi-même, bien que l’on soit la personne la plus importante de notre vie. Chaque rupture nous ouvre davantage à notre vraie personnalité. La colère est notre meilleure amie. Plus on recherche la lumière (des étoiles), plus on est conscient de la richesse de la nuit, révélatrice.

La solitude n’est pas synonyme de malheur. L’absence est la signature de l’amour. La mort nous apprend à vivre intensément. Quand allons-nous accepter ces paradoxes ?

– Emmanuelle de Dardel

Un texte ou une suite d’aphorismes, d’un trait d’un jet. L’inspiration et l’écriture changent, au gré du vent, des rencontres, de l’acceptation des choses, des textes qui aimeraient voir le jour…

envole-toi

elle s’échappe de mes mains
lentement
irrévérencieusement
irréversiblement
la vie n’en fait qu’à sa tête
et il faut la suivre sans réfléchir
sans hésiter
outre mesure

ses yeux fermés brasillent
d’étoiles invisibles
et ses âmes deviennent
des soleils de mille ans
invincibles infaillibles

elle s’échappe pour nous montrer
un chemin inconnu
la vie est comme un papillon
ses ocelles sont partout et nulle part
elle est déjà partie depuis longtemps
quand on la cherche

– Emmanuelle de Dardel

présence

quand on entre
dans la détresse
ce qui compte
c’est la présence
de l’autre et de
soi-même

c’est la présence
qui guérit l’âme
adoucit le jour
petit à petit
ces cœurs sensibles
qui tendent la main

– Emmanuelle de Dardel

récrire

récrire les mots maudits
en mots tendres et lumineux
pour reconstruire les âmes

récrire les mots dits
en maux tendres et lumineux
devenir étoile

récrire les maux dits
mots tendresse et lumière
devenir étoile

– Emmanuelle de Dardel

Trois versions différentes, imbriquées les unes dans les autres. Quel poème préférez-vous ?

Et après la publication de 100 articles dans l’anthologie de poésie féminine en ligne, avec Delphine Garcia @astres_lies, je fais une pause. Nous avons énormément travaillé pour créer une belle anthologie… et je dois maintenant me ressourcer, pour avoir du temps pour écrire ma propre poésie. Il n’en reste pas moins que c’est un travail considérable, entre la création du site, la recherche des textes et la gestion. J’espère que cela vous plaira. Nous reprendrons les publications dans quelques temps.

dans la fêlure

dans la fêlure du monde
les mots prennent tout leur sens
les actions insensibles et insensées
l’indignation et l’insignifiance
enchaînées à l’impuissance
dans la fêlure du monde
l’impossible et l’indifférence
s’attachent à la réalité
sans qu’on y prête attention
et un jour les murs sont là
dans la fêlure des âmes

– Emmanuelle de Dardel

sabordage

ils partent
à l’abordage
des âmes tendres
sur le pont du soir
et de la vie
c’est un échec
de se penser
conquérants
des coeurs
et surtout des corps

sans s’inquiéter
des âmes
où palpitent
les rêves
les espoirs
qui font frémir
de joie
l’humanité
toute entière

– Emmanuelle de Dardel

Le silence

Le silence est le plus puissant de tous les mépris. C’est une arme de destruction de l’âme. Et c’est un mur invisible, intangible et insurmontable. Il vaut mieux prendre un peu de temps pour dire les choses, parler de ce qui dérange, échanger à propos de sa vision du monde, souvent très différente de ce que l’autre vit et pense. La communication franche et honnête est un grand pas vers l’autre et vers soi. A quoi bon, sinon ?

– Emmanuelle de Dardel

les mains vides

les mains vides
de sang et d’encre
ne plus savoir quoi écrire
de tendre de généreux
ce monde est une jungle
l’écriture ne le reflète pas
ou pas assez
l’écriture est-elle variable ou
faut-il lire entre les lignes
des propos édulcorés
des happy ends
et l’espoir des jours meilleurs
qui colle aux âmes du malheur

– Emmanuelle de Dardel