sans titre

je ne céderai rien
ni les lumières aux ombres
ni les paroles aux silences
ni les gentillesses aux abus
je ne céderai rien
si ce n’est
ma verdeur à la sagesse
ma candeur à la déconstruction
ma naïveté à la clairvoyance 
je ne céderai rien
si ce n’est ma loyauté mal placée

– Emmanuelle de Dardel

les ombres

à travers les branches
les ombres du temps
se dessinent sur les rêves
et s’agitent en douceur
elles n’oublient rien
si ce n’est ce qu’elles ignorent

l’odeur des trahisons
flétrit l’instant précieux
alors elles l’écrivent
envers et contre elles-mêmes
elles poétisent le malheur
dans l’entrelac des jours

– Emmanuelle de Dardel

la fiancée de l’ombre

par grand froid et grand vent
dans le silence du solstice d’hiver
pendant les nuits plus longues que la vie
ils montrent enfin leurs vrais visages

leur absence résonne sur la pierre gelée
ils ne savent plus quoi dire
démasqués défaits
déchirés par leurs fausses personnalités
leurs multiples relations cachées

leurs trahisons t’atteignent malgré tout
et même si tu ne sais plus qui tu es
ni ce que sont l’amour et l’amitié
bientôt tu retrouveras ton chemin

à force de creuser les inconscients
l’ombre s’évaporera
de la distance naît la lucidité
et de l’introspection renaît la lumière

– Emmanuelle de Dardel

Ta lumière

Derrière les rideaux et les volets se cache tout un monde, prêt à bondir, prêt à abuser, au moindre faux pas. Ils sont toujours là, à l’affût, comme s’ils n’attendaient que ça. Ta chute, ta tristesse, ta déchéance. Il ne te reste qu’à partir. Tu n’es pas ce qu’ils veulent, ce qu’ils pensent. Garde toujours ta lumière, même si les ombres s’acharnent. Plus tu es lumineuse, plus les ombres s’acharnent. Plus les ombres s’acharnent, plus tu es lumineuse.

– Emmanuelle de Dardel

L’ombre des rimes

Son coeur s’effondre
tant de décombres

Plus de coins sombres
où se morfondre

Nulle pénombre
en vain se fondre

– Charly Dufaud

Iels se raniment
notent des rimes

Ces anonymes
pusillanimes

De magnanimes
en équanimes

– Emmanuelle de Dardel

les masques

ils portent tous un masque
des masques
pour cacher leur âme
qui leur fait peur
ils fuient leur ombre
on ne les reconnaît pas
ils ne se connaissent pas
eux-mêmes
l’apparence est trompeuse
l’argent n’est pas le moteur
se connaître demande temps
courage efforts et énergie
se connaître c’est vivre en solitude
embrasser ses imperfections
plonger dans ses peurs
et grandir dans l’incertitude

– Emmanuelle de Dardel

La poésie du cœur

J’aime les ombres des jeunes feuilles fraîchement écloses du joli mois d’avril. Elles chantonnent doucement et se reflètent en finesse sur les sols murs routes. De l’art vivant éphémère. Rien que pour toi rien que pour moi. De l’art naturel pour les âmes tendres et curieuses.

– Emmanuelle de Dardel