Notes de mon inconscient

Tout ce que j’écris en ce moment est impubliable. Trop personnel, trop intime, trop noir, trop déchirant, trop évident, trop… J’ai bien tenté de tout récrire de mille manières. Et c’est certain que j’y parviens, de temps à autre. Pourtant dans l’ensemble, plus j’avance, plus les textes deviennent impubliables, moins je parviens à les récrire. Ce sont des notes de mon inconscient, qui ne sont déjà plus inconscientes mais pas encore acceptables. Alors je les laisse dormir d’un œil, là dans mon cahier ou dans mon téléphone intelligent. Je ne les oublie pas, chaque texte est un nouveau fragment de mon nouveau moi. Je ne les oublie pas, je ne peux juste pas les publier. Je ne les oublie pas, ils sont indicibles mais présents. Comme des morceaux aléatoires d’étoiles au vent de la sagesse et de l’avenir.

– Emmanuelle de Dardel

Du féminisme

Depuis que je m’affirme féministe – cela fait bientôt un an -, j’ai beaucoup de follow unfollow. Cela dérange sans commune mesure, car cela remet en cause les fondements de la société dans son ensemble. Je vais à contre-courant et on ne me le pardonne pas. D’ailleurs je ne sais moi-même pas encore parfaitement comment me positionner. Il n’y a que très peu de féministes.

Pourtant je suis profondément humaniste depuis petite, j’œuvre pour la fin des guerres et l’élévation des âmes et je pense que celles et ceux qui me lisent depuis longtemps le savent. Pourtant je suis féministe depuis mes 13 ans, quand j’ai dévoré le Deuxième sexe de Beauvoir. Pourtant le féminisme est un humanisme : nous demandons calmement et respectueusement une vie égalitaire et harmonieuse entre femmes et hommes. Des traitements égaux, des salaires égaux, ni infanticides, ni féminicides.

Nous ne sommes ni extrémistes, ni virulentes, ni violentes. Nous sommes humanistes et nous souhaitons vivre notre vie pour et par nous-mêmes, tout en étant ingénieures, avocates, médecines, poétesses, troubadouresses, vendeuses, serveuses, secrétaires, sages-femmes, hôtesses, chanteuses, inventeuses, politiciennes, penseuses… et ce même et surtout si les noms de métiers ou les dénominations féminines n’existent (toujours) pas, ou plus.

– Emmanuelle de Dardel

cœurs transistors

la poésie
pour dire
pour écrire
ce que tu
refuses
caches
rejettes

la poésie
pour parler
des tabous
indicibles
intangibles
d’une société
qui ferme les yeux

la poésie aussi
pour enchanter
pour adoucir
pour apaiser
pour reconstruire
les âmes brisées les âmes fortes
les cœurs transis les coeurs transistors

– Emmanuelle de Dardel

écoute

pendant une vie
je n’ai plus pu parler
le poids était immense
aussi lourd que la galaxie entière
parler n’avait plus aucun sens
puisqu’on ne me croyait pas

alors j’écri(vai)s
de la poésie
du fond de mon ciel noir nuit
depuis mes canapés-lits nuages
par-delà les étoiles meurtries
les conflits et les silences qui croassent

aujourd’hui je parle un peu
aux gens bienveillants
qui écoutent un peu
sourient avec des yeux étoiles
et tendent la main sans exiger

les autres
ceux qui jugent
je n’y arrive plus
toujours pas
entendre est facile
écouter (l’indicible) est un art

– Emmanuelle de Dardel

brûlure

les mots brûlent
les mains la bouche
ils veulent dire
mais je ne veux pas
je ne peux pas
les mots brûlent
ils enragent
je dois les taire
on n’en veut pas
ils sont



indicibles
indésirables

– Emmanuelle de Dardel