solstice

moisson d’étoiles
au crépuscule sombre et froid
dans l’obscurité trop rapide
à l’horizon de ton cœur
dans tes yeux
les astres crépitent aussi
pour voir l’invisible
quand  tu ouvres ton regard

– Emmanuelle de Dardel

exercice de négation négativité / positivité

la poésie ne (se) vit pas
« ce ne sont que des mots »
qui se balancent doucement
sur le fil du hasard
les uns à la suite des autres
ils ne soufflent ni espoir
ni rêves
ils traversent nos vies
comme des pantins en bois inanimés
ils ne sont ni nos yeux ni nos âmes

la poésie (se) vit
ce ne sont pas que des mots
qui se balancent doucement
sur le fil du hasard
les uns à la suite des autres
ils soufflent espoir et
rêves
ils ne traversent pas nos vies
comme des pantins en bois inanimés
ils sont nos yeux nos âmes

– Emmanuelle de Dardel

rage

la pluie s’écoule souvent
goutte après goutte
des nuages gris
à tes yeux verts
vert océan
à la houle primordiale
des matins qui respirent
encore surpris d’être en vie
après les nuits de rage noire

– Emmanuelle de Dardel

yeux éblouis

un océan de brumes
les vagues grises se déroulent
les unes sur les autres

les arbres ruissellent de cuivre d’ocre
de toutes les nuances d’automne
verts attendris sapin ou bronze

bouton d’or paille ambre
noisette rouille ombre
ocre brûlé lie de vin

la nature chantonne les couleurs
qui changent s’envolent et virevoltent
comme des lucioles endimanchées

l’automne et ses feuilles vivent et
dansent au son des nuages
des vents contraires violents ou sournois

la terre entière est une ronde de
feuilles aux tons ocres le cadeau
dune vie d’une année pour les yeux éblouis

j’ai voulu cueillir les étoiles
et j’ai été happée par l’ombre
c’est là que j’ai rencontré la poésie

– Emmanuelle de Dardel

écoute

pendant une vie
je n’ai plus pu parler
le poids était immense
aussi lourd que la galaxie entière
parler n’avait plus aucun sens
puisqu’on ne me croyait pas

alors j’écri(vai)s
de la poésie
du fond de mon ciel noir nuit
depuis mes canapés-lits nuages
par-delà les étoiles meurtries
les conflits et les silences qui croassent

aujourd’hui je parle un peu
aux gens bienveillants
qui écoutent un peu
sourient avec des yeux étoiles
et tendent la main sans exiger

les autres
ceux qui jugent
je n’y arrive plus
toujours pas
entendre est facile
écouter (l’indicible) est un art

– Emmanuelle de Dardel

Gaza (Trigger Warning)

Gaza je vis je lis je partage
Gaza jour et nuit
et je n’en peux plus
du tréfonds de mon âme révoltée
par tant d’ignominies d’infamies et d’injustices
pourtant je vis en Suisse
le pays réputé neutre par excellence

Gaza et tous ses morts nous regardent
à chaque inspiration maintenant
j’ai le cœur qui saigne à chaque battement
les yeux qui voudraient se fermer
ne plus voir
ne plus entendre
ne plus réfléchir
c’est impossible
je dois nous devons faire face
nous avons du sang sur les mains
pour l’éternité

– Emmanuelle de Dardel

mystère

mystère

dans l’éblouissement du monde
garder les yeux purs
oser voir et entendre
ce qu’ils refusent
malgré les griffons
les fêlures sans fin

brisures
obscurs
opaques
l’apathie
l’inertie
quand tout est nuit

ouvrir les yeux et les mains
étoiler les trahisons
chanter la mélodie du soleil
voltiger les voies lactées
dans l’ombre des jours à venir
la mort est pour plus tard
la mort est pour jamais

Emmanuelle de Dardel

©️

Ouvrir

Savoir ouvrir les yeux pour voir l’inacceptable, c’est déjà un pas.

– Emmanuelle de Dardel


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