Est-ce que nous savons vraiment qui nous sommes, tout au fond de nous ? Ou est-ce que nos âmes sont enfouies sous des injonctions et des paradoxes sans fin ? Souvent, nous osons à peine dire la réalité, de peur de blesser les autres. Ce faisant, nous nous blessons nous-mêmes. Et quand nous partageons notre réalité, c’est au détriment d’autrui. Après avoir passé une vie à apprendre à se taire, nous faisons ensuite l’expérience de dire les choses (doucement).
Il y a ceux qui ne vivent que pour eux-mêmes, ils ne pensent qu’à eux-mêmes, en toutes circonstances. Ils parlent d’eux-mêmes, même en parlant pour les autres. Ils agissent pour eux-mêmes, sans égards pour les autres.
Puis il y a ceux qui vivent pour les autres, sans penser à eux-mêmes, ils pensent aux autres avant tout. Ils écoutent et parlent pour les autres, même s’ils auraient grand besoin qu’on les entende. Ils agissent pour les autres, sans regarder leurs propres intérêts.
Il s’agit de prendre la voie du milieu : parler, agir et penser pour soi-même tout en écoutant et en aidant l’autre.
On attend des femmes qu’elles sourient et qu’elles se taisent surtout. Et quand l’une d’elles commence à parler, à répondre, à dire les choses, on s’offusque et on ne comprend pas même pourquoi. Les femmes prennent la parole comme elles font des études, comme elles travaillent, comme elles avancent dans la vie. Elles prennent la parole avec force et douceur, même et surtout pour dire ces choses difficiles. Elles ont compris qu’il vaut mieux s’exprimer posément en tous temps, qu’elles soient calmes, joyeuses ou en colère, car cela a davantage d’impact sur le monde : on ne peut que les écouter.
une moisson le regain des apparences quelques mots de ton cœur des effluves de ta vie une incertitude qui parcourt l’échine quand tu t’approches de l’essence elle repasse et passe partout surtout où il ne faut pas aller il ne faut pas regarder il ne faut pas dire et si les amis n’entendent pas tes espoirs dis ton âme aux inconnus ceux qui te parlent
Quand je me tais, ce n’est pas que je n’ai plus rien à dire. C’est le contraire, j’ai trop à dire, sur des thèmes essentiellement tabous. Dois-je vraiment les citer ? Vous les connaissez aussi bien que moi : la guerre, le génocide, la religion, le féminisme, les violences sexuelles et sexistes, les silences qui prennent parti…
Alors je me tais, sachant trop bien que cela ne se dit pas. Et puis aussi parce que je n’aime pas débattre sur Internet avec des personnes inconnues hors d’elles, voire malveillantes. Cela me hérisse. Pourtant j’aime débattre avec des amis, ouvrir mon regard, développer mon sens critique, élargir mon horizon.
Alors je me tais, tant bien que mal, même si parfois il m’échappe une poésie difficile, même si quelques vérités s’immiscent en douce dans mes phrases. Je me tais. C’est cela que l’on veut, des femmes qui arrondissent les angles, des poétesses qui réenchantent le réel, sans trop l’estropier. Je me tais mais je soutiens toutes les personnes qui portent un étendard haut et fort.
Bonjour Max-Louis, Ça alors, quelle magnifique pensée. J'espère que vous en ferez une poésie. Le printemps est tout pour moi…