blog de poésie

Les rapaces

Prêts à fondre sur leur proie 

Avant même que l’on soit prêts à se défendre 

Ils sont déjà en train de nous dépouiller de nos biens 

Les rapaces, une race d’hommes à part 

Mûs par la gloire, l’argent et le pouvoir 

Rien ne les arrête 

Surtout pas le respect et l’honnêteté 

Des valeurs inconnues pour eux

Emmanuelle de Dardel 13 05 2023

Pâles

Tes roses très pâles

Ne fleurissent qu’une fois

Dans le cœur des hommes

Emmanuelle de Dardel

Feu

Coquelicots en feu

C’est ton âme qui s’étouffe

Sous les trahisons

Emmanuelle de Dardel 28 05 2023

Merci Théo pour l’inspiration photographique

Extrait de L’Écume des jours, Boris Vian

– Asseyez-vous, Alise, dit Colin. Venez à côté de moi, vous allez me dire ce qu’il y a.
– Chick est bête, dit Alise. Il dit qu’il a tort de me garder avec lui puisqu’il n’a pas d’argent pour me faire vivre bien, et il a honte de ne pas m’épouser.
– Je suis un salaud, dit Chick.
– Je ne sais pas quoi vous dire, dit Colin.
Il était si heureux que ça lui faisait énormément de peine.
– Ce n’est pas surtout l’argent, dit Chick. C’est que les parents d’Alise ne voudront jamais que je l’épouse, et ils auront raison. Il y a une histoire comme ça dans un des livres de Partre.
– C’est un livre excellent, dit Alise. Vous ne l’avez pas lu, Colin ?
– Voilà comme vous êtes, dit Colin. Je suis sûr que tout votre argent continue à y passer.
Chick et Alise baissèrent le nez.
– C’est ma faute ! dit Chick. Alise ne dépense plus rien pour Partre. Elle ne s’en occupe presque plus depuis qu’elle vit avec moi.
Sa voix contenait un reproche.
– Je t’aime mieux que Partre, dit Alise.
Elle allait presque pleurer.
– Tu es gentille, dit Chick. Je ne te mérite pas. Mais c’est mon vice, collectionner Partre, et malheureusement un ingénieur ne peut pas se permettre d’avoir tout.
– Je suis désolé, dit Colin. Je voudrais que tout aille bien pour vous. Vous devriez déplier votre serviette.
Il y avait, sous celle de Chick, un exemplaire relié mi-mouffette du Vomi, et, sous celle d’Alise, une grosse bague d’or en forme de nausée.
– Oh !… dit Alise.
Elle mit ses bras autour du cou de Colin et l’embrassa.

Boris Vian, L’Écume des jours, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1963. In Romans, nouvelles et oeuvres diverses, Paris, Librairie Générale Française, La pochothèque, 1991, p. 93-94

Boris Vian (1920-1959) est mon premier auteur préféré. C’est celui qui m’a fait découvrir la fantaisie de l’écrit et les pensées créatrices. Plein d’informations sur borisvian.org.

Aux 5 coins, Blaise Cendrars

Oser et faire du bruit
Tout est couleur mouvement explosion lumière
La vie fleurit aux fenêtres du soleil
Qui se fond dans ma bouche
Je suis mûr
Et je tombe translucide dans la rue 

Tu parles, mon vieux 

Je ne sais pas ouvrir les yeux ?
Bouche d’or
La poésie est en jeu 

Février 1914 

Blaise Cendrars, Du monde entier, Poésies complètes : 1912-1924, Paris, Poésie / Gallimard, 1947

Un livre de poésie trouvé par bonheur dans une boîte à livres, en rentrant de la ville.

Même

Même les brins d’herbe

A l’esthétique fragile

Caressent l’amour

Emmanuelle de Dardel

Herbe ondoyante

Herbe ondoyante

Sous les doigts de ton pianiste

Tu t’élances au ciel

Un air entêtant

Chuchoté par la tempête

Ton coeur s’échappe

Les vagues te rejettent

Tu n’existes déjà plus

Comme impalpable

Au son de son âme

Encore quelques accords

Plonger dans l’extase

D’un souffle d’argent

Il s’envole l’air de rien

Feint ou irréel

Champ de pâquerettes

Tes tapis de nuages

Si tu sombres

Un vent de larmes

Effleure mon visage froid

L’année de l’hiver

Emmanuelle de Dardel 22 05 2023

Gouttes

Des gouttes d’étoiles 

Autour de ton parapluie 

Comme une pluie d’or

Emmanuelle de Dardel

Quand le Poème naît, Evelyne Laurence

Quand le Poème naît, tu sens toutes les phases
Toutes les voluptés des amoureux combats,
Tous les frémissements des fébriles ébats
Diviniser tes sens émus jusqu’à l’extase.

Tu sens que se refuse et se livre une proie
Rétive puis soudain docile à ton désir.
Déjà ta vie extrême a quitté le plaisir
Et se dilate impondérable dans la Joie.

En quelle sphère ardente et vierge viens-tu fondre
L’impérieux besoin qui t’intime d’aimer
Et, par-delà les mots sensibles, d’assumer
Ce miracle du Feu, ce baptême de l’onde?

Quand le poème t’offre un fabuleux séjour,
Tout s’érige pour toi délices, jouissance.
L’infini, l’absolu t’ouvrent la connaissance…
– Avec quel Etre occulte est-il acte d’amour?…

(Lieux où souffle l’Esprit)

Evelyne Laurence (1891-1955)

France Igly, Gonzague de Reynold, Poètes de Suisse romande, Éditions Rencontre, Lausanne, 1964, p. 156

à propos

les rêves et les espoirs sont les plus beaux poèmes

Je m'appelle Emmanuelle de Dardel et je suis écrivaine publique, enseignante primaire diplômée, poétesse et artiste.

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  1. Célébrer tout ce que nous passons à la transformation ✨

  2. Bonjour Max-Louis, Ça alors, quelle magnifique pensée. J'espère que vous en ferez une poésie. Le printemps est tout pour moi…

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