blog de poésie
Combien un écrivain gagne-t-il ?
Vous vous êtes souvent posé la question et n’avez pas trouvé de réponses satisfaisante. Voici un article qui explique plusieurs aspects d’une réalité complexe. Vous devriez avoir une meilleure vision des choses après l’avoir lu.
Le mot ronce, dis-tu, Yves Bonnefoy
Le mot ronce, dis-tu? Je me souviens
De ces barques échouées dans le varech
Que traînent les enfants les matins d’été
Avec des cris de joie dans les flaques noires
Car il en est, vois-tu, où demeure la trace
D’un feu qui y brûla à l’avant du monde
– Et sur le bois noirci, où le temps dépose
Le sel qui semble un signe mais s’efface,
Du feu qui va en mer la flamme est brève,
Mais quand elle s’éteint contre la vague,
Il y a des irisations dans la fumée.
Le mot ronce est semblable à ce bois qui sombre.
Et poésie, si ce mot est dicible,
N’est-ce pas de savoir, là où l’étoile
Parut conduire mais pour rien sinon la mort,
Aimer cette lumière encore? Aimer ouvrir
L’amande de l’absence dans la parole?
Yves Bonnefoy, Ce qui fut sans lumière, Paris, Poésie Gallimard, 1991, p. 42
Tu vas lire tout le dictionnaire ?
C’est ce qu’on m’a dit quand j’étudiais assidûment la langue française, durant mes études à l’Université. J’adorais lire les sonorités des mots et les assembler dans ma tête. Cela inaugurait ma poésie.
Alors dorénavant si vous voyez quelqu’un jouer avec les dictionnaires, vous saurez que c’est peut-être un chanteur, un écrivain ou un poète en herbe.
https://www.instagram.com/p/CeHUQ0plTJM/?igshid=NjZiM2M3MzIxNA==
Comme un arc-en-ciel
Les cris des oiseaux
C’est encore l’heure bleue
Comme un arc-en-ciel
Emmanuelle de Dardel
Oublie tes promesses
Oublie tes promesses
Fais semblant de rien
Lance-toi des fleurs
Pourtant toi et moi
On sait bien
Que tu as oublié
Tes paroles
Et ton âme
Emmanuelle de Dardel
Tu n’es pas là, Mousse Boulanger
Tu n’es pas là
il pleut sur l’amour
j’ai froid
les paillettes de l’été
sont mortes sur mes bras
sous les ongles
en vain je cherche
l’ultime sable
pareilles à des feuilles mortes
mes paupières tombent
sur mon rêve décapité
Mousse Boulanger, Ce qui reste de jour, Chambelland, 1975 (éd. originale), p. 26
Livre déniché le 20 05 2023 dans un cabinet d’amateur. Il est dédicacé de la main de l’auteur.
L’autre dans l’écriture, Jean-Yves Revault
« L’autre intérêt de ne pas écrire seul provient de la confrontation au regard de l’autre, à son acceptation de ce que nous sommes puisque maintenant, il sait. Ceci est infiniment réparateur. Chaque fois que nous osons nous dévoiler dans notre nudité dérangeante, nous redonnons vie à notre être réel et commençons à laisser diffuser en nous son énergie guérisseuse. En laissant vivre notre être réel, nous nous ouvrons à son savoir instinctif. »
Un livre qui m’a été recommandé par une thérapeute, il y a quelques temps. Voici une citation que j’aime beaucoup, tirée du livre de Jean-Yves Revault, Manuel d’autothérapie par l’écriture, Genève, éd. Jouvence, 2019, p. 76.
Rôle of an artist, rôle de l’artiste, Jane Ash Poitras
I think that the role of an artist is to become free, to transcend. Then they can transform, enlighten, and become empowered. Jane Ash Poitras, 1997, Hart House, Toronto, Royal Museum, May 2022
…
Je crois que le rôle de l’artiste d’aujourd’hui est de parvenir à la liberté, à la transcendance. Ensuite, il peut transformer, éclairer, agir. Jane Ash Poitras, 1997, Hart House, Toronto, Musée royal, mai 2022
Liens
National Gallery of Canada, Musée des Beaux-Arts du Canada
https://www.gallery.ca/collection/artist/jane-ash-poitras
https://www.beaux-arts.ca/collection/artiste/jane-ash-poitras
Canada House Gallery
https://canadahouse.com/collections/jane-ash-poitras-rca-cm#
Two years later, W.B. Yeats
Has no one said those daring
Kind eyes should be more learn’d ?
Or warned you how despairing
The moths are when they are burned ?
I could have warned you ; but you are young,
So we speak a different tongue.
O you will take whatever’s offered
And dream that all the world’s a friend
Suffer as your mother suffered,
Be as broken in the end.
But I am old and you are young,
And I speak a barbarous tongue.
—
Et personne ne t’a-t-il dit
Que l’oeil qui ose et qui aime
Devrait être plus averti,
Ni instruite du désespoir
De l’éphémère qui brûle ?
J’aurais pu te l’apprendre, moi,
Mais tu es jeune, et nous parlons
Deux langues bien différentes.
Ah, tu prendras ce qui s’offre, tout,
Tu rêveras que le monde est bon,
Tu souffriras comme fit ta mère,
Brisée comme elle à la fin.
Mais je suis vieux, tu es jeune,
Je parle une langue barbare.
W.B Yeats, Quarante-cinq poèmes, éd. bilingue, trad. par Yves Bonnefoy, Gallimard, Paris, 1993, p. 50
Même la mousse
Au détour d’un chemin
Découvrir des lieux
D’une douceur inattendue
S’y arrêter quelques temps
S’en imprégner doucement
Admirer la finesse
D’une mousse microcroscopique
A l’allure stellaire
Les étoiles sont tombées
Et habitent sur terre
Emmanuelle de Dardel, 14 05 2023, midi

Il fait suite à une lecture qui m'a marquée. Merci beaucoup à toi Barbara