blog de poésie

Bleu

Le bleu de ton âme

L’encre de mon existence

Dans un lac sans fin

Emmanuelle de Dardel

Humilité, Pierrette Micheloud

A travers la neige devenue noire
Atteindre le point crucial du printemps !
Humilité, tendre forme soumise,
Te découvrir sous la douleur à vif
Suprême perfection de la jouissance.
Fine, subtile, électrique, prestigieuse
Aiguille à la pointe extrême de l’orgueil.

Pierrette Micheloud, Tant qu’ira le vent, Paris, Pierre Seghers, 1966, p. 46

Pierrette Micheloud (1915-2007) est une poétesse et artiste valaisanne et vaudoise. Il existe une fondation Pierrette Micheloud qui organise un prix de poésie. https://www.fondation-micheloud.ch/prix-de-poesie/prix/

Création et choix d’un haïku

Récolte de mots

Assise au bord de ce lac

Tout un univers

.

Au bord de ce lac 

Récolte de poésie 

Tout un univers 

.

Tout un univers

Dans ton filet poétique

Au bord de ce lac

***

J’ai écrit ces 3 haikus en quelques jours, avec l’idée d’améliorer le premier, qui n’était pas assez puissant selon moi. Finalement, j’ai choisi de publier le 2e. Et je reprendrai sans doute l’image du filet poétique.

Emmanuelle de Dardel

Mémoire

Les connexions

C’est la mémoire du monde

En un poème

Emmanuelle de Dardel

S’allonger

S’allonger dans l’herbe

Regarder vers l’infini

Moment d’une vie

Emmanuelle de Dardel 30 05 2023

The night of loveless nights (1930), Robert Desnos

[…]

Mais, depuis que la nuit s’écroule sur nos têtes,
Ces mots ont dans nos coeurs des accents mystérieux
Et quand un souvenir parfois nous les répète
Nous désobéissons à leur ordre impérieux. 

Entendez-vous chanter des voix dans les montagnes
Et retentir le bruit des cors et des buccins ?
Pourquoi ne chantons-nous que les refrains du bagne
Au son d’un éternel et lugubre tocsin ? 

Serait-ce pas Don Juan qui parcourt ces allées
Où l’ombre se marie aux spectres de l’amour ?
Ce pas qui retentit dans les nuits désolées
A-t-il marqué les coeurs avec un talon lourd ?

Ce n’est pas le Don Juan qui descend impassible
L’escalier ruisselant d’infernales splendeurs
Ni celui qui crachait aux versets de la Bible
Et but en ricanant avec le Commandeur. 

Ses beaux yeux incompris n’ont pas touché les coeurs,
Sa bouche n’a connu que le baiser du rêve,
Et c’est celui que rêve en de sombres ardeurs
Celle qui le dédaigne et l’ignore et sans trêve 

Heurte ses diamants froid, ses lèvres sépulcrales,
Sa bouche silencieuse à sa bouche et ses yeux,
Ses yeux de sphinx cruels et ses mains animales
A ses yeux, à ses mains, à son étoile, aux cieux, 

Mais lui, le coeur meurtri par de mortes chimères,
Gardant leur bec pourri planté dans ses amours,
Pour un baiser viril, ô beautés éphémères,
Vous sauvera sans doute au seuil du dernier jour. 

Le rire sur sa bouche écrasera des fraises,
Ses yeux seront marqués par un plus pur destin.
C’est Bacchus renaissant des cendres et des braises,
Les cendres dans les dents, les braises dans les mains. 

Mais pour un qui renaît combien qui, sans mourir,
Portent au coeur, portent aux pieds de lourdes chaînes.
Les fleuves couleront et les morts vont pourrir…
Chaque an reverdira le feuillage des chênes. 

[…]

Robert Desnos, Fortunes, Paris, Poésie / Gallimard, 1945, p. 37-38

(1900-1945)

Un livre déniché providentiellement dans une boîte à livre il y a une semaine.

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les rêves et les espoirs sont les plus beaux poèmes

Je m'appelle Emmanuelle de Dardel et je suis écrivaine publique, enseignante primaire diplômée, poétesse et artiste.

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  1. Célébrer tout ce que nous passons à la transformation ✨

  2. Bonjour Max-Louis, Ça alors, quelle magnifique pensée. J'espère que vous en ferez une poésie. Le printemps est tout pour moi…

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