blog de poésie
J’écris
J’écris
Pour t’apprendre
A me parler
Alors que tu sais
Me parler
Sans un mot
Emmanuelle de Dardel 25 05 2023
Bleu
Le bleu de ton âme
L’encre de mon existence
Dans un lac sans fin
Emmanuelle de Dardel
Why Is Writing Easier Than Speaking for Introverts? Here’s the Science ByJenn Granneman
What Kafka can teach us about journaling
Une capsule vidéo de Julian de Medeiros
https://www.instagram.com/reel/Cs9Hue5u9YO/?igshid=NTc4MTIwNjQ2YQ==
Humilité, Pierrette Micheloud
A travers la neige devenue noire
Atteindre le point crucial du printemps !
Humilité, tendre forme soumise,
Te découvrir sous la douleur à vif
Suprême perfection de la jouissance.
Fine, subtile, électrique, prestigieuse
Aiguille à la pointe extrême de l’orgueil.
Pierrette Micheloud, Tant qu’ira le vent, Paris, Pierre Seghers, 1966, p. 46
Pierrette Micheloud (1915-2007) est une poétesse et artiste valaisanne et vaudoise. Il existe une fondation Pierrette Micheloud qui organise un prix de poésie. https://www.fondation-micheloud.ch/prix-de-poesie/prix/
Création et choix d’un haïku
Récolte de mots
Assise au bord de ce lac
Tout un univers
.
Au bord de ce lac
Récolte de poésie
Tout un univers
.
Tout un univers
Dans ton filet poétique
Au bord de ce lac
***
J’ai écrit ces 3 haikus en quelques jours, avec l’idée d’améliorer le premier, qui n’était pas assez puissant selon moi. Finalement, j’ai choisi de publier le 2e. Et je reprendrai sans doute l’image du filet poétique.
Emmanuelle de Dardel
Mémoire
Les connexions
C’est la mémoire du monde
En un poème
Emmanuelle de Dardel
S’allonger
S’allonger dans l’herbe
Regarder vers l’infini
Moment d’une vie
Emmanuelle de Dardel 30 05 2023
The night of loveless nights (1930), Robert Desnos
[…]
Mais, depuis que la nuit s’écroule sur nos têtes,
Ces mots ont dans nos coeurs des accents mystérieux
Et quand un souvenir parfois nous les répète
Nous désobéissons à leur ordre impérieux.
Entendez-vous chanter des voix dans les montagnes
Et retentir le bruit des cors et des buccins ?
Pourquoi ne chantons-nous que les refrains du bagne
Au son d’un éternel et lugubre tocsin ?
Serait-ce pas Don Juan qui parcourt ces allées
Où l’ombre se marie aux spectres de l’amour ?
Ce pas qui retentit dans les nuits désolées
A-t-il marqué les coeurs avec un talon lourd ?
Ce n’est pas le Don Juan qui descend impassible
L’escalier ruisselant d’infernales splendeurs
Ni celui qui crachait aux versets de la Bible
Et but en ricanant avec le Commandeur.
Ses beaux yeux incompris n’ont pas touché les coeurs,
Sa bouche n’a connu que le baiser du rêve,
Et c’est celui que rêve en de sombres ardeurs
Celle qui le dédaigne et l’ignore et sans trêve
Heurte ses diamants froid, ses lèvres sépulcrales,
Sa bouche silencieuse à sa bouche et ses yeux,
Ses yeux de sphinx cruels et ses mains animales
A ses yeux, à ses mains, à son étoile, aux cieux,
Mais lui, le coeur meurtri par de mortes chimères,
Gardant leur bec pourri planté dans ses amours,
Pour un baiser viril, ô beautés éphémères,
Vous sauvera sans doute au seuil du dernier jour.
Le rire sur sa bouche écrasera des fraises,
Ses yeux seront marqués par un plus pur destin.
C’est Bacchus renaissant des cendres et des braises,
Les cendres dans les dents, les braises dans les mains.
Mais pour un qui renaît combien qui, sans mourir,
Portent au coeur, portent aux pieds de lourdes chaînes.
Les fleuves couleront et les morts vont pourrir…
Chaque an reverdira le feuillage des chênes.
[…]
Robert Desnos, Fortunes, Paris, Poésie / Gallimard, 1945, p. 37-38
(1900-1945)
Un livre déniché providentiellement dans une boîte à livre il y a une semaine.
Yann Tiersen, Porz Goret
Porz Goret, une de mes musiques préférées, parfaite pour accompagner la lecture de Herbe ondoyante.

Il fait suite à une lecture qui m'a marquée. Merci beaucoup à toi Barbara