blog de poésie

Vol

Le vol des nuages

Qui ne s’arrêtent jamais

Comme le temps

Emmanuelle de Dardel 15 05 2023

Devenir

Devenir soi

Au milieu des tsunamis

Le plus beau cadeau

Emmanuelle de Dardel

D’une étoile

Dans le cœur d’une étoile

Il y a tout un monde

On y trouve tes mains

Et ton regard si doux

Tes espoirs les plus fous

Et tes baisers d’amour

Les moments partagés

Et les projets à deux

Dans le cœur d’une étoile

Emmanuelle de Dardel

Lavande

Un souffle de toi

Dans la forêt des pensées

Ton âme lavande

Emmanuelle de Dardel

Le temps

A Dominique

Le temps s’échappe

Il vit dans le pays de la liberté

Rien ne le retient

Ni rires, ni colères, ni larmes

Il navigue imperturbable

Jusqu’à l’horizon

Pour jouer du piano

Avec la lune

Emmanuelle de Dardel

Encore

Encore un baiser

Cet instant pour une vie

Quelques étoiles aussi

Suspendues à ton éternité

Je les cueillerai comme des anges

Pour les conserver dans mon cœur

Emmanuelle de Dardel

L’amour dure 3 ans, Philippe Sollers

L’amour dure 3 ans, dit-on, ou même moins, et c’est vérifiable quand il ne s’agit pas d’amour. En réalité, l’amour dure toujours, il faut simplement mieux définir ce toujours. D’une façon ou d’une autre, visible ou invisible, vous sacralisez quelqu’un dans son existence entière, sa respiration et sa mort. L’amour, s’il a lieu, est plus fort que la mort. Dans l’amour, quoi qu’il arrive, même aux confins de l’horreur ou de la démence, vous touchez du doigt la défaite de la mort.

C’est pourquoi chaque moment est important, et la durée sans temps mort. Vous êtes le peintre et le musicien de ces femmes, elles deviennent des personnages centraux de vos romans, elles peuvent prendre d’autres formes, d’autres figues, elles sont parfois rejointes par celles dont on ne peut pas dire le nom. Ce moment où l’une ou l’autre sort des vagues est unique, ce foulard est unique, ce fou rire aussi. La poudre du temps leur appartient. En peinture, c’est l’année où Picasso comprend que seul un violon « cubiste » peut représenter son grand amour, Eva. En musique, c’est Monteverdi qui les rassemble toutes pour une assomption fastueuse (la Vierge Marie, à Venise, en vaut dix mille). Dans les siècles des siècles, c’est maintenant, c’est toujours.

Mais c’est aussi bien Don Giovanni et son catalogue, où Mozart, pourtant très amoureux de sa petite Stanzi, vous révèle son éventail de passions possibles. Rien ne lui échappe dans les rues de Vienne ou de Prague, il note, il note, ce sont chaque fois des antidotes à la Reine de la Nuit. Les femmes sont des Muses, et si elles sont toxiques ou grotesques, elles n’en sont pas moins inspiratrices d’un aspect fondamental du réel. En voici une qui pleure, c’est beau. En voilà une autre qui rit ou qui dort, c’est encore plus beau. Tous ces accents, toutes ces couleurs sont à mettre en madrigaux, en quatuors, en tableaux. Les Flûtes de Pan, de Picasso, en sont une démonstration vivante. Une femme arrive, elle refait de lui un enfant curieux de ses sœurs, il pousse la démonstration jusqu’à l’absurde, dieu et le diable sont enfin unis, et d’ailleurs, dans cette nouvelle Grèce, il n’y a que des déesses plus ou moins favorables et des multitudes de dieux.

Philippe Sollers, Portraits de femmes, Paris, Gallimard, Folio, 2013, p. 63-64

Le magnolia, Francis Ponge

La fleur du magnolia éclate au ralenti comme une bulle formée lentement dans un sirop à la paroi épaisse qui tourne au caramel.  
(A remarquer d’ailleurs la couleur caramélisée des feuilles de cet arbre.)
A son épanouissement total, c’est un comble de satisfaction proportionnée à l’importante masse végétale qui s’y exprime.
Mais elle n’est pas poisseuse : fraîche et satinée au contraire, d’autant que la feuille paraît luisante, cuivrée, sèche, cassante. 

Francis Ponge, Pièces, Paris, Poésie / Gallimard, 1962, p. 51

Espoirs

Les espoirs brisés

Parfois recollés

Sont le lit des songes

Et des créations

Les espoirs brisés

Le monde se délite

Plus rien ne compte

Léger entrechat

A la lueur de ton âme

Les géraniums rouges

Des lutins sur ma fenêtre

Eclairent tes yeux

Emmanuelle de Dardel

à propos

les rêves et les espoirs sont les plus beaux poèmes

Je m'appelle Emmanuelle de Dardel et je suis écrivaine publique, enseignante primaire diplômée, poétesse et artiste.

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  1. Célébrer tout ce que nous passons à la transformation ✨

  2. Bonjour Max-Louis, Ça alors, quelle magnifique pensée. J'espère que vous en ferez une poésie. Le printemps est tout pour moi…

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