Le labyrinthe s’enfonce

Oser dire les choses 
Avec authenticité 
C'est d'abord oser être soi 
Sans peurs ni honte 
N'est-ce pas le plus difficile ? 
Il me semble que l'on passe une vie 
A devenir soi-même 
Et une fois que l'on semble se connaitre 
Il faut recommencer à s'ouvrir 
La porte ouverte n'en était qu'une parmi d'autres 
Un enfilement désordonné aléatoire 
Plus j'avance, plus le labyrinthe s'enfonce en lui-même 

L’amour s’enfuit

L'amour s'enfuit 
Insaisissable et intangible
Quand on l'aperçoit
Il n'est déjà plus là
J'ai bien tenté de le retenir
Il m'a glissé entre les doigts
Comme le vent du printemps
Doux et tiède
Ou comme les nuages qu'on croit toucher
et qui s'évaporent sans une trace
Alors je le laisse partir
Même s'il emporte mon âme

Emmanuelle de Dardel

Fascination immortelle

Poète maudit 
Il attire, repousse et fascine 
Sans que l'on sache bien pourquoi 
On le trouve différent, bizarre 
On ne le comprend pas  
Comme Rutebeuf et Villon 
Ou Baudelaire, Verlaine et Rimbaud  
Rejetés leur vie durant 
Alors que l'on récite sans fin leurs vers 
Comme Émile Nelligan 
Le Camille Claudel de la poésie 
Leur vie à l'asile psychiatrique 
Fascination immortelle 

Emmanuelle de Dardel