Ah si seulement je pouvais écrire dans les nuages pour de vrai. Je pourrais m’asseoir sur un gros nuage blanc à volutes et puis j’y rêverais un moment, avant de prendre la plume du ciel et d’écrire en bleu infini. Des mots pour l’âme et le cœur.
C’est le soir ; la bataille est enfin terminée : Le vaincu s’est enfui, le vainqueur est lassé, Et la fleur du pays, en un jour moissonnée, Jonché tous les replis du sol dur et glacé.
Ils sont là tout raidis et la tête inclinée, Adolescent joyeux, d’une balle percé, Homme fort et vaillant, cohorte infortunée Qui n’a pas reculé quand la mort a passé.
Et, sous un autre ciel, un vieillard solitaire, Las d’avoir travaillé tout le jour à la terre, Respire le vent frais qui le baise en passant ;
Il regarde pensif le grand ciel qui rayonne Plein d’un ruissellement d’étoiles, et s’étonne Que la lune soit rouge et paraisse de sang…
Bevaix, 12 septembre 1881
Alice de Chambrier, Au delà, Poésies, Neuchâtel, Éditions de la Baconnière, 1934 (7e édition)
Bonjour Max-Louis, Ça alors, quelle magnifique pensée. J'espère que vous en ferez une poésie. Le printemps est tout pour moi…