blog de poésie
De l’honnêteté
On aime les gens honnêtes, mais pas trop. Il faudrait une mesure sociale de l’honnêteté, quelque chose comme : « sois honnête, sans déranger ma vie, ma lâcheté, mes faux-semblants ». Sois honnête et tais-toi, une belle double injonction impossible à dire et à tenir. Ne serait-ce pas la métaphore de notre monde d’aujourd’hui ? Tous ces faux-semblants se déversent dans les fleuves des romans et de la poésie. Nous les lisons et nous en imprégnons ensuite, pour les faire nôtres, et sourire à nouveau, grâce à l’illusion d’un monde un peu moins fantasque, un peu plus lumineux. Mais au fond, le monde change-t-il ou devenons-nous plus tolérants face à l’inacceptable ?
– Emmanuelle de Dardel
aux âmes
je ne sais plus quoi écrire
prise au piège entre la colère
la tristesse et la rage
je ne sais plus quoi dire
à tous ceux qui ne veulent pas
entendre et encore moins écouter
je ne sais plus quoi penser
de ces chefs d’état milliardaires
qui abusent d’un peuple mourant
je ne sais plus quoi faire
pour rêver encore un peu
pour cultiver l’espoir
je ne sais plus quoi faire
dans ce monde de lâches et de
faux-semblants
alors je lis de la poésie toutes les poésies
les désespérantes les joyeuses
et les authentiques celles qui viennent
du cœur celles qui parlent aux âmes
– Emmanuelle de Dardel
haute lutte
garder sa place
prendre sa place
faire sa place
tenir sa place
tenir son rang
tenir bon
contre tous les
vents contraires
contradictions
et l’insoutenable
– Emmanuelle de Dardel
Ces prochains temps, je serai moins présente, je prends quelques jours pour moi. Les posts seront moins réguliers ici, sur les réseaux et sur le recueil de poésie féminine. Bon été à toutes et tous et merci pour votre présence et votre soutien.
petit à petit
petit à petit on apprend
que les mots comptent
surtout ceux que l’on dit
sous le coup de la colère
surtout ceux que l’on ne
veut pas dire surtout ceux
que l’on se dit à soi-même
chaque mot compte
même les oublis et les
silences et les absences
– Emmanuelle de Dardel
des illusions / désillusions
D’aujourd’hui à après beautés joies et regrets
Désormais il est gré
Jusqu’au vain couperet de la mort le fleuret
– Charly Dufaud
oh si l’on pouvait encore arrêter le temps
jusqu’au prochain printemps
oublier les combats et vivre pleinement
– Emmanuelle de Dardel

elles miroitent
un léger zéphyr
à la cime des grands arbres
et les feuilles fredonnent
des éclats d’or pur
de toute leur âme
la chanson lumineuse
de l’amour vrai
celui qui reste quand
tout s’effondre
celui qui guérit
– Emmanuelle de Dardel

les rêves grandissent aussi
un grand champ de soleil
pour s’allonger en douceur
et rêver de l’avenir
avec ou sans toi
peu importe
la joie
seule
compte au
présent dans les
mains dans les projets
pour grandir ensemble dans
un grand champ de soleil
– Emmanuelle de Dardel

égards
toutes ces belles âmes
toutes ces belles dames
on les pense acquises et
disponibles à jamais
jusqu’au jour où on
comprend enfin
ce n’est pas de la disponibilité
c’est de la gentillesse
de la bienveillance
et cela peut s’arrêter
cela s’arrête s’il n’y a pas de
respect
la gentillesse est un art
et non un dû
– Emmanuelle de Dardel

l’amour se meurt
l’amour se meurt
il est en couple et
il a omis de le lui dire
on n’oublie pas ces choses-là
on les cache sciemment
volontairement
avec détermination
et puis quand on est découvert
on se dédouane en racontant
qu’on l’avait déjà dit
on se ment d’abord à soi-même
avant de mentir aux autres
et l’amour se meurt doucement
– Emmanuelle de Dardel
fatalité
tout quitter par amour
se quitter par amour ou désamour
pour tout perdre par amour
et tout reconstruire encore
dans l’impermanence
sans fin
– Emmanuelle de Dardel
Déjà 30 poétesses sur Poétesses8, recueil de poésie féminine pour rendre visibles les poétesses d’hier et aujourd’hui. Nous sommes deux rédactrices et nous travaillons conjointement. Si vous avez de nous rejoindre, soumettez un de vos poèmes et dites-nous comment vous aimeriez contribuer. Merci !

Il fait suite à une lecture qui m'a marquée. Merci beaucoup à toi Barbara