blog de poésie

Nuit

Le calme est profond

Même les feuilles se couchent

Dans le lit des rêves

Emmanuelle de Dardel

Les Yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol

Joséphine poussa un cri et lâcha l’éplucheur. Le couteau avait dérapé sur la pomme de terre et entaillé largement la peau à la naissance du poignet. Du sang, du sang partout. Elle regarda les veines bleues, l’estafilade rouge, le blanc de la cuvette de l’évier, l’égouttoir en plastique jaune où reposaient, blanches et luisantes, les pommes de terre épluchées. Les gouttes de sang tombaient une à une, éclaboussant le revêtement blanc. Elle appuya ses mains de chaque côté de l’évier et se mit à pleurer.

Ce sont les premières lignes du roman.

Katherine Pancol, Les Yeux jaunes des crocodiles, Paris, Le livre de poche, 2006, p. 11

Inconstance

Comment faire souffrir une femme

Dites-lui que vous l’aimez

Dites-lui ce qu’elle a envie d’entendre

Promettez-lui monts et merveilles

Jusqu’à la faire craquer

Puis détachez-vous

Signifiez-lui peu à peu

Que vous n’êtes pas prêt

Que vous avez d’autres projets

Que vous recherchez autre chose

Et partez, de préférence sans un mot

Puis recommencez avec une autre

Emmanuelle de Dardel 23 05 2023

Danser

Danser sous la pluie

Poésie du désespoir

Liberté de l’âme

Emmanuelle de Dardel 24 05 2023

Tes pétales

Quand tes pétales m’effleurent

J’ai les joues qui dansent

Et les oiseaux écrivent des poèmes

Au milieu des ruisseaux fleuris du printemps

Quand tes pétales m’embrasent

J’y perds mon âme, elle s’envole

Dans les nuages de ton amour

Que tu as brodé de mille lettres

Quand tes pétales s’endorment

J’en perds le sommeil, les clochettes

Se fanent dans ton absence

Comme si le monde s’éteignait

Quand tes pétales m’oublient

Je n’existe plus, les étoiles tombent

Dans le trou noir, les fées oublient

De vivre et le monde gèle au-delà

Emmanuelle de Dardel 01 06 2023

Lune

Sous la pleine lune

Les feuilles d’arbres scintillent

L’oiseau devient homme

Emmanuelle de Dardel

Amour, Nicolas Machiavel

Amour ne tourmente que ces gens-là qui prétendent lui rogner les ailes ou l’enchaîner quand il lui a plu de venir voler à eux. Comme c’est un enfant, et plein de caprices, il leur arrache les yeux, le foie et le coeur. Mais ceux qui accueillent sa venue avec allégresse, et qui le flattent et le laissent s’envoler quand il lui plaît, et quand il revient l’acceptent volontiers, ceux-là sont toujours certains de ses faveurs et de ses caresses, et de triompher sous son empire. 

Nicolas Machiavel, lettre du 10 juin 1514, préface du livre de Philippe Sollers, Portraits de femmes

J’aime la simplicité, Alda Merini

J’aime la simplicité qui s’accompagne d’humilité.

J’aime les gens qui savent sentir le vent sur leurs propres peaux, sentir les arômes des choses, en capturer l’Âme.

Ceux qui ont leur chair au contact de la chair du monde.

Car là, est la vérité. Là, est la douceur. Là, est la sensibilité. Là, est l’Amour. 

Alda Merini (1931-2009) est une poétesse italienne

Attente

Points de suspension

Dans un ciel sans nuages

La vie s’écrit

Emmanuelle de Dardel

à propos

les rêves et les espoirs sont les plus beaux poèmes

Je m'appelle Emmanuelle de Dardel et je suis écrivaine publique, enseignante primaire diplômée, poétesse et artiste.

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  1. Célébrer tout ce que nous passons à la transformation ✨

  2. Bonjour Max-Louis, Ça alors, quelle magnifique pensée. J'espère que vous en ferez une poésie. Le printemps est tout pour moi…

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