poésies libres

les mains vides

les mains vides
de sang et d’encre
ne plus savoir quoi écrire
de tendre de généreux
ce monde est une jungle
l’écriture ne le reflète pas
ou pas assez
l’écriture est-elle variable ou
faut-il lire entre les lignes
des propos édulcorés
des happy ends
et l’espoir des jours meilleurs
qui colle aux âmes du malheur

– Emmanuelle de Dardel

obscurs

on est tous des inconnus obscurs
pour les uns et les autres
ainsi que pour nous-mêmes

– Emmanuelle de Dardel

l’antiamour

elle écrit de la poésie
il lui parle de lessive
de la poussière chez lui
elle rêve d’un bon mari
il lui propose d’être sa side-chick
et de venir la voir dans son lit
elle espère de la courtoisie
il lui envoie billes billevesées 
niaiseries sottises et utopies
elle préfère vivre en poésie
plutôt qu’en hypocrisie et tromperie
le monde va-t-il retrouver son âme sensible

– Emmanuelle de Dardel

toutes ces poésies

toutes ces poésies et ces vies
tournoient dans ma tête
un tsunami d’émotions
la musique de l’univers
qui nourrit qui détruit
qui annihile qui reconstruit
à partir de rien de tout
chaque jour je recrée
un monde meilleur
pour survivre à la haine
les mots changent des vies

– Emmanuelle de Dardel

Ce silence

J’écris ce que j’aurais voulu entendre, de ta bouche.

– Emmanuelle de Dardel

Je crie ce que j’aurais voulu répondre, plus farouche.

– Charly Dufaud


de l’infini

sur le banc de l’infini
s’asseoir et voir la beauté
au-delà des choses convenues
ressentir chaque brin d’herbe
feuille d’arbre fleur fruit
et vaguelette
sur le banc de l’infini
s’enfoncer dans la profondeur
s’asseoir et devenir nature
devenir les autres
devenir le monde
devenir

– Emmanuelle de Dardel

des pétales

des pétales

des pétales de lumière tendre
se posent doucement sur l’eau
délicatement
ils bougent au rythme de l’onde
et forment des dessins secrets
dans ces vagues d’étoiles
que seuls les cœurs sensibles lisent
le soleil brasille deux fois
depuis si longtemps
que les peintres en ont fait
un chef-d’œuvre
sur le portrait de Renée Vivien

– Emmanuelle de Dardel


Renée Vivien peinte par Lucien Lévy Dhurmer. C’est le portrait que Delphine a suggéré comme logo pour Poétesses 8, l’anthologie de poésie féminine (lien en bio dans le linktree). Autres portraits du peintre, sur le site du musée d’Orsay.

les masques

ils portent tous un masque
des masques
pour cacher leur âme
qui leur fait peur
ils fuient leur ombre
on ne les reconnaît pas
ils ne se connaissent pas
eux-mêmes
l’apparence est trompeuse
l’argent n’est pas le moteur
se connaître demande temps
courage efforts et énergie
se connaître c’est vivre en solitude
embrasser ses imperfections
plonger dans ses peurs
et grandir dans l’incertitude

– Emmanuelle de Dardel

aux inconnus

une moisson 
le regain des apparences
quelques mots de ton cœur
des effluves de ta vie
une incertitude qui parcourt
l’échine
quand tu t’approches de l’essence
elle repasse et passe partout
surtout où il ne faut pas aller
il ne faut pas regarder
il ne faut pas dire
et si les amis n’entendent pas
tes espoirs
dis ton âme aux inconnus
ceux qui te parlent

– Emmanuelle de Dardel

réminiscence

des tournesols fanés
fatigués par le soleil
écrasant
ils ont attrapé la lumière
de tous les étés
de la vie qui s’écoule
sans merci
et les graines des nuages
qui s’enroulent sur les montagnes
qui s’enroulent dans les cœurs
Van Gogh est un tournesol
sauvage

– Emmanuelle de Dardel