poésies libres

tu n’es plus là

tu n’es plus là

à mon anti-amoureux


tu n’es plus là

pour user de moi

et je me sens mieux

libérée des dix mille fureurs 

que tu ne voulais infliger qu’à moi

en peaufinant ton masque d’homme parfait

Emmanuelle de Dardel

8 mars, journée internationale des droits des femmes



Marina Abramovic, rétrospective au Kunsthaus Zürich
de l’amour

de l’amour

beaucoup prennent

et peu donnent

ainsi va le monde

ainsi va la vie

il nous reste l’amour

heureusement



seulement

s’il n’est ni feint

ni mû par l’abus

le contrôle ou la jalousie

s’il ne s’offusque ni des refus

ni des pensées ni des valeurs



un amour qui réchauffe

quand la nuit se prolonge

où l’on peut être soi-même

sans peurs sans jugements

où l’on peut se parler

et s’écouter avec respect



un amour libre

qui n’exige rien

qui n’attend rien

que le bonheur

la sécurité de l’autre

et qui offre avec générosité



un amour désintéressé

présent dans le malheur

comprend en peu de mots

résiste au temps

calme corps esprit et âme

un amour serein et tendre

Emmanuelle de Dardel

Ferdinand Hodler, Kunsthaus Zürich

prisonniers

tes mots prisonniers

on ne les entend pas

ils sont inaudibles

incompréhensibles

ils frappent pourtant

ton corps à chaque

battement

ils veulent parler

mais on ne les entend pas

on ne les veut pas

Emmanuelle de Dardel

aphorisme

beaucoup prennent

et peu donnent

ainsi va le monde

ainsi va la vie

il nous reste l’amour

heureusement

Emmanuelle de Dardel

au bord

au bord

au bord du gouffre

au bord du monde

elle a déjà sauté

si souvent

pour cueillir des étoiles

pour naviguer sur les nuages

pour trouver son soleil

pour écrire en paix

pour chanter dans la forêt

pour partir loin de toi

pour dormir ailleurs

pour danser pieds nus

pour écouter ton âme

pour repeindre les arcs-en-ciel

et créer de nouvelles étoiles

quand les hommes puissants

s’acharnent innocemment

à détruire des vies

à détruire le monde

– Emmanuelle de Dardel



Tableau de Friedrich Dürrenmatt, au Centre Dürrenmatt Neuchâtel
comment

comment

sommes-nous semblables

on aimerait le croire

cela serait si simple

rassurant

plein de promesses



ou plutôt très différents

des êtres aux passions renouvelées

qui ne peuvent pas se parler

de peur de s’ouvrir

d’aviver les plaies



comment reconnaître les âmes

aux mêmes élans

aux mêmes sensibilités

au milieu d’apparences

et de faux-semblants

– Emmanuelle de Dardel


Photos d’une installation vidéo : Hwayeon Nam, Ripple Against Waves, 2019, CAN Centre d’art Neuchâtel

https://can.ch/project/ripple/

si obscurs

les nuages épars

au rythme vaporeux

aux bras légers et tendres

s’accrochent au sommet

des grands arbres d’hiver

nus comme toi

et pourtant si obscurs

si lointains

– Emmanuelle de Dardel

©️✍️

silence

dans le silence du temps

les jours s’effacent lentement

comme eux comme toi

et ne reviendront plus

ils sont devenus nuages

– Emmanuelle de Dardel

Ne prends pas ombrage

De ce chagrin qui fut

Tes joies tes émois

Oh antiques amants

Des bonheurs d’antan

– Charly Dufaud

©️✍️

silence

dans le silence du temps

les jours s’effacent lentement

comme eux comme toi

et ne reviendront plus

ils sont devenus nuages

– Emmanuelle de Dardel