poésies libres

des pétales

des pétales

des pétales de lumière tendre
se posent doucement sur l’eau
délicatement
ils bougent au rythme de l’onde
et forment des dessins secrets
dans ces vagues d’étoiles
que seuls les cœurs sensibles lisent
le soleil brasille deux fois
depuis si longtemps
que les peintres en ont fait
un chef-d’œuvre
sur le portrait de Renée Vivien

– Emmanuelle de Dardel


Renée Vivien peinte par Lucien Lévy Dhurmer. C’est le portrait que Delphine a suggéré comme logo pour Poétesses 8, l’anthologie de poésie féminine (lien en bio dans le linktree). Autres portraits du peintre, sur le site du musée d’Orsay.

les masques

ils portent tous un masque
des masques
pour cacher leur âme
qui leur fait peur
ils fuient leur ombre
on ne les reconnaît pas
ils ne se connaissent pas
eux-mêmes
l’apparence est trompeuse
l’argent n’est pas le moteur
se connaître demande temps
courage efforts et énergie
se connaître c’est vivre en solitude
embrasser ses imperfections
plonger dans ses peurs
et grandir dans l’incertitude

– Emmanuelle de Dardel

aux inconnus

une moisson 
le regain des apparences
quelques mots de ton cœur
des effluves de ta vie
une incertitude qui parcourt
l’échine
quand tu t’approches de l’essence
elle repasse et passe partout
surtout où il ne faut pas aller
il ne faut pas regarder
il ne faut pas dire
et si les amis n’entendent pas
tes espoirs
dis ton âme aux inconnus
ceux qui te parlent

– Emmanuelle de Dardel

réminiscence

des tournesols fanés
fatigués par le soleil
écrasant
ils ont attrapé la lumière
de tous les étés
de la vie qui s’écoule
sans merci
et les graines des nuages
qui s’enroulent sur les montagnes
qui s’enroulent dans les cœurs
Van Gogh est un tournesol
sauvage

– Emmanuelle de Dardel

Coeur valeureux

Gloire au FEU

caché dans ses yeux
dans sa nuit les cieux

Et qu’importe ceux qui la préfèrent peu

– Charly Dufaud

La vie DANSE

dans la discordance
c’est une évidence

Invente ta chance et qu’importe ce qu’ils pensent

– Emmanuelle de Dardel

dorer

la fille de l’ombre
écrit des poèmes
pour dorer les étoiles

– Emmanuelle de Dardel

dans la pénombre
de leurs faux je t’aime
vies et sourires se voilent

– Charly Dufaud

envoûtement

envoûtement

dans l’enroulement
l’engouement
l’envoûtement
des femmes libres
fières et
sauvages
elle s’inonde
de sons
elle se laisse porter
par l’onde pleine
et oublie
t’oublie
s’oublie
il ne reste que
l’unité et l’universel

– Emmanuelle de Dardel

Marisa Merz (1926-2019), figure de l’arte povera. Exposition au Kunsthaus Bern jusqu’au 17 août 2025.

se laisser

se laisser traverser
par la vie qui s’écoule
sans arrêt
avec ou sans nous
avec ou sans toi
malgré tout

– Emmanuelle de Dardel

Métamorphose

L’espoir fait vivre et les mots changent des vies, un poème après l’autre.

– Emmanuelle de Dardel

Les vers enivrent parfois et dérangent des si, un je t’aime après l’autre.

– Charly Dufaud

impensable

cela peut nous arriver à tous
la famine comme à Gaza
l’indigence
le manque

toutes ces plaies que l’on refuse

nous faisons semblant de les ignorer
ou nous sommes dans le déni
pour ne pas voir la réalité

parce que cela fait peur
que c’est impensable
que ça n’arrive qu’aux autres

mais cela peut nous arriver
à tous et à toutes
au détour d’un chemin
au croisement de l’impossible

– Emmanuelle de Dardel