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La nuit j’écris
J’écris dans ton cœur
Pour imprimer mon amour
J’écris dans tes rêves
Pour façonner les espoirs
J’écris dans tes pensées
Pour m’endormir près de toi
J’écris dans tes idées
Pour partager ton savoir
J’écris dans tes mains
Pour qu’elles passent sur mon corps
J’écris dans tes yeux
Pour y voir cette lumière
J’écris sur ton torse
Pour m’y étendre doucement
J’écris dans ton âme
Pour revoir ton regard doux
La nuit j’écris
Et c’est comme si tu étais encore là
J’écris pour conjurer le mauvais sort
J’écris pour apprendre à vivre sans toi
J’écris pour te parler
J’écris pour survivre à ton absence
Dans le silence Fleurir l'imagination Retrouver sa voix(e)
Dans ton vent froissé Il s'engouffre sans attendre Les sentiments volent
Un champ de pétales Naviguer sur les larmes Des chagrins du monde
Dégoût
Déception
Et perte de sens
Ce sont les mots
Qui me viennent
Dans la tête
A réception
De mots
Et d'allusions
Déplacés
De la part de poètes
Ou d'autres humains
Le poids du silence
N'aura pas lieu
A nouveau
Je prends la parole
Et dis stop
La parole
Libère les esprits
Et les âmes
La vie est en retard
Elle ne se laisse pas
Apprivoiser
C'est elle qui choisit
Même et surtout
Quand elle vous laisse
La main
Et parfois
Elle fait une pirouette
Qu'elle soit inattendue
Ou involontaire
L'effet produit
Reste le même
Une surprise
Qui atteint le coeur
Chemin inconnu Parfum aux mille fleurs Silence L'aventure est là Au détour d'un croisement "Laisse-moi te surprendre" Chuchote la vie Comme une mélodie @plumebis.poesie
Elle se réveille souvent au milieu de la nuit, les idées qui galopent littéralement dans sa tête, comme les aubes d’un bateau à vapeur. Cela s’améliore doucement, elle ne se réveille plus à 2h tapantes, mais à 3h30, l’heure à laquelle le livreur de journaux passe en boguet électrique – quel nom ridicule – dans sa rue, chaque nuit. Pourtant, elle ferme sa fenêtre précautionneusement le plus souvent, mais rien n’y fait. Les « beaux » restes d’une vigilance accrue.
L’idée galopante du jour est cet homme croisé il y a quelques heures, au fil de l’eau. Sur le moment, elle ne l’a pas reconnu de suite. Sa tête lui disait quelque chose. Ils s’étaient rencontrés il y a 2 ans. Elle s’est retournée, l’a regardé sautiller comme un cabri sur ce sentier de montagne ultra dangereux en étant quelque peu indignée. Elle l’a admiré aussi, ça ne lui arriverait jamais à elle de se transformer en coureuse de montagne. Son passe-temps favori étant l’observation silencieuse. Les barrières de protection n’ont jamais retenu les corps qui glissent sur la boue détrempée des gorges. Bien entendu, lui ne l’a même pas vue, trop occupé à sa course.
L’homme-cabri a continué ses sauts élastiques sans se douter qu’il était observé. Il était mince comme une brindille, vraiment très mince. Ces sportifs de l’extrême sont parfois aussi légers que des adolescents nerveux qui ne tiennent pas en place. Dans le cas qui nous occupe, au détour d’une facétie du sentier creusé dans la roche par l’eau des gorges, elle se souvient tout à coup de cet homme. Il a 4 enfants et est en train de divorcer. Selon ses dires, son mariage n’a jamais fonctionné et il est resté pour ses enfants. Tiens, il lui semble avoir déjà entendu ces arguments éculés plus d’une fois. C’est décidément décevant. S’ils savaient à quel point elle est fatiguée d’entendre les mêmes vieilles rengaines à tous les coins de rue, et même au détour de sa mémoire, dans un sentier de montagne glissant… Mais non, personne ne devine que les idées glissent aussi dans sa tête, aussi vite que les gouttes d’eau sont nombreuses quand il pleut à verse.
Revenons à cet homme. Elle est contente de lui avoir manifesté qu’elle n’avait aucune envie de devenir marâtre de 4 enfants d’un mariage malheureux. Sa première expérience de marâtre de 2 enfants qui passent avant tout le reste lui a suffi pour le reste de ses jours. Elle a dû être suffisamment claire et peu engageante d’ailleurs, car il ne l’a jamais rappelée. A ce moment-là, elle se dit que le destin a bien fait les choses. Elle n’est pas toujours aussi clairvoyante, loin de là. Depuis quelques temps, elle a déjà constaté que lorsqu’elle laisse les choses se faire comme à leur guise, en observant, cela se passe pour le mieux. Les gens agissent comme bon leur semble, leur vrai caractère est mis en exergue et cela l’aide à prendre ses décisions. C’est sa manière à elle d’analyser les relations humaines, l’air de rien.
En partant, elle avait décidé de se garer près des gorges. Pas question d’aller à la gare. Il était déjà tard. Près de l’usine du Chanet, elle croise une famille, puis une femme avec un chien. Et plus loin, le fameux chat roux princier. Elle n’a pas pu s’empêcher de prévenir la femme qu’un félin la poursuivait. La promeneuse a esquissé un très léger sourire, une sorte de rictus qui se voulait aimable. Et effectivement, le chat roux majestueux, tout à son affaire, déambulait avec une grâce sans pareille, sur le bord d’une Areuse tout aussi grandiose. Ce chat était fait pour régner sur ce monde, se dit-elle à cet instant. On ignorait de quelle affaire il s’était chargé, l’important était sa balade au centre de l’allée, pour se présenter à ses sujets humains et canins.